22/11/2012

Un cycle de 10 leçons sur la Gastronomie historique à Bruxelles- A partir ddu 16 Janvier 2013

Le Centre de Gastronomie Historique de Bruxelles présente le cycle de 10 leçons qui se donnera tous les mercredis à la Fleur de Papier Doré:

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16 janvier: Aux origines de la gastronomie.

23 janvier: La Grèce et les fastes épulaires de la Rome antique.

30 janvier: A la table des Mérovingiens et des Carolingiens.

6 février: La cuisine de Gambrinus. Une savoureuse histoire de la bière.

20 février: Le Moyen Âge du XIe au XIVe siècle, la cuisine des premiers manuscrits.

27 février: La fin du Moyen Âge et la Renaissance, ou le triomphe du modèle italien.

6 mars: La cuisine classique française.

13 mars: Le Versailles de Louis XV.

20 mars: Le XIXe siècle bourgeois, entre révolution industrielle, palaces et folklore.

27 mars: Les grands mythes de l’histoire de la gastronomie.

 

Tous les mercredis de 18 à 20 heures à partir du 16 janvier 2013 à la Fleur en papier doré, rue des Alexiens, 55, 1000 Bruxelles.

 

http://lepetitlancelot.be/

Inscription:Centre de gastronomie historique c/o Impact Cooremans

info@impact-cooremans.be

02/545 03 20

Tarif: Les 10 séances: 100 €.

21/11/2012

Quand la Belle Aurore s’endort sur mon oreiller!Hommage à Alain Troubat

Mon ami Alain Troubat m'a envoyé il y a quelques temps, un appétissant compte rendu sur un pâté en croûte, L’oreiller de la belle Aurore, succulent hommage à la mère de M. Brillat-Savarin,Claudine-Aurore Récamier,dont voici ci-dessous le texte copié sur du blog de Michel Godet (http://www.lyon-saveurs.fr)

 « L’Oreiller de la belle Aurore » réveillé par Claudius Reynon !
Curnonsky & Marcel Rouff relatent l’histoire de ce fabuleux pâté en croûte dans leur ouvrage intitulé « La France Gastronomique – Guide des merveilles culinaires et des bonnes auberges françaises – La Bresse – Le Bugey – Le Pays de Gex » parut en 1921 aux éditions F. Rouff. Ils retranscrivent la recette exacte de « l’Oreiller de la Belle Aurore », dont la confection avait été relatée par Lucien Tendret, neveu de Brillat-Savarin, dans son livre de recettes intitulé « La table au pays de Brillat Savarin », et publié en 1882 !

A l’origine, c’est un pâté en croûte froid, de forme carrée, dont la taille ressemble à celle d’un oreiller que Brillat-Savarin (né à Belley en 1755) avait confectionné en l’honneur de sa mère, Claudine Aurore Récamier, et qu’il baptisa « L’oreiller de la belle Aurore ». Un rapide coup d’œil à la recette de cet oreiller nous confirme qu’il devait être bien douillet au palais et au nez.

En effet, il était composé de noix de veau, de perdreau rouge, de râble de lièvre, de poulet, de canard, de ris de veau et de filet de porc. L’ensemble marinait douze heures avant que le pâté soit monté sur une pâte feuilletée en alternant les viandes, avec une farce de foies blonds de poulardes de Bresse enrichie de moelle de bœuf et de truffe du Bugey. On y ajoutait encore de belles tranches de jambon, des pistaches blanchies, des lamelles de truffes et quelques bons morceaux de beurre de Bresse, avant de recouvrir l’ensemble d’une seconde pâte feuilletée et de mettre à cuire au four.

Le commentaire que  Lucien Trendet à rajouté à cette recette se suffit à lui même pour éveiller nos sens et susciter notre intérêt : « Lorsqu’on coupe l’oreiller de la belle Aurore, le parfum des truffes noires, mêlé au fumet des viandes, embaume la salle à manger. Les tranches tombant sous le couteau présentent l’aspect d’une mosaïque de couleurs vives et variées et sont imprégnées des sucs d’une gelée vineuse couleur d’or. La croûte, toute pénétrée d’un mélange onctueux de beurre frais et de foies de volailles, est tendre sous la dent et fondante dans la bouche. ».

Claudius Reynon (Meilleur Ouvrier de France) et fondateur de la Maison C. Reynon à Lyon en 1937 a (re)découvert la recette de Brillat-Savarin et comme il lui restait quelques gibiers après les fêtes de Noël, il entreprît de confectionner un « Oreiller de la Belle Aurore » en y apportant sa touche personnelle. Le succès fût immédiat et la tradition perdure, puisque les fils et maintenant le petit fils de Claudius confectionne chaque année entre Noël et le jour de l’an ce fabuleux pâté pour le plaisir des lyonnais et des gourmands de toute la région. Ce n’est pas une mince affaire, car chaque pâté pèse trente kg, cuit huit heures au four et refroidit encore pendant seize heures afin de développer tous ses parfums.

 

Ce sont ainsi deux « Oreillers de la Belle Aurore » qui sont confectionnés chaque jour entre le 27 et le 31 décembre, soit 250 kg de pâté dont la composition vous est fournie directement par la maison C. Reynon :caille, pigeon, palombe, perdreau, grouse, volaille de Bresse, canard mulard, faisan, colvert, lièvre, lapin de garenne, chevreuil, biche, marcassin, foie gras, ris de veau, truffes du Tricastin, ainsi que des farces diverses. C’est le meilleur pâté en croûte du monde et aussi le plus raffiné que chaque gourmet se doit de manger au moins une fois dans sa vie. Son prix est à la hauteur de sa saveur exceptionnelle mais je doute que vous regrettiez votre investissement une fois que vous en aurez partagé une tranche avec vos meilleurs amis pendant les fêtes.

La Maison C. Reynon est la première à avoir réhabilité « l’Oreiller de la Belle Aurore » et est toujours la seule à le fabriquer régulièrement à Lyon bien que certains chef de bouchons lyonnais en fabriquent parfois à la demande et selon leur humeur.

Petit rappel : on ne trouve ce fabuleux pâté chez Reynon qu’entre Noël et le jour de l’An ! Alors surveillez bien votre calendrier si vous ne voulez pas attendre encore un an avant de gouter à cette petite merveille de la gastronomie lyonnaise !

C. Reynon Charcutier Traiteur

13 rue des Archers Lyon 2e

Tél : 00.33.4 78 37 39 08


 

La bonne nouvelle est que nous ne devrons pas nous déplacer jusqu’à Lyon mais nous aurons l’occasion de pouvoir déguster ce pâté chez mon ami Alain pour les fêtes de fin d’année.

Le Stirwen- Chaussée Saint-Pierre 15-17- 1040 BRUXELLES Tél: 02.640.85.41 

 

 

 

04/11/2012

Ma Cocotte aux Puces de St Ouen

Le dernier Stark est né !

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Le resto branché du Marché Serpette fait courir le tout Paris, belle ambiance !  Y aller à midi pétant  le dimanche midi, sinon vous aurez l’impression de vous retrouver comme à la belle époque de l’Union soviétique, dans une queue sans fin. Quoique, un joli moment à passer entre belles poules et jolis minets. Que ce soit pour la déco, le personnel et la carte, ici on joue la convivialité à 100% et cela fait du bien

Je me suis retrouvée avec mon amie Laura www.mamanchef.fr, la plus parisienne des flamandes,  à découvrir une  carte simple et goûtue. Nous avons bien aimé l’idée de l’assiette à partager « Terrine maison et saucisson », ensuite un Hachis Parmentier pour moi, à éviter et un poulet fermier délicieux avec du vrai jus de poulet pour terminer sur une délicieuse mousse au chocolat

 

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Ticket final pas cher, aux alentours des 30€/pers. Mérite vraiment le détour et rêver de remeubler votre intérieur 

Ma cocotte

106, rue des Rosiers à Saint-Ouen- Marché Serpette  

7 jours sur 7, de 8 heures à 23 heures

.Tél. 00331 49 51 70 00 

24/10/2012

La sardine millésimée

Un peu d’histoire…

Vient du latin sardina qui veut dire littéralement « poisson de Sardaigne ». Ce petit poisson de 15 à 25 cm de long était fort abondant depuis la nuit des temps dans toutes les mers du globe. Ce n’est plus le cas aujourd’hui depuis les ravages provoqués sur les populations par les nouvelles techniques de pêche. Si rien n’ait fait pour limiter les prises, la sardine est en passe de devenir un poisson d’élite. Ce serait le énième paradoxe des temps modernes alors que la sardine, comme le hareng, a été utilisée de tout temps pour sa facilité de conservation. D’abord dans du sel et pressée dans des tonneaux comme en témoigne le fameux livre « Le Ménagier de Paris » au XIVe siècle. Plus tard, Grimod de La Reynière (gastronome et fondateur de « L’Almanach des Gourmands » au XVIIIe siècle) la qualifiait de « ortolan de la mer ».

Les sardines se consomment toujours à travers une grande partie de l’Europe. Le nom « sardine » n’est pas le même suivant l’endroit du monde où l’on se trouve. En Europe, il désigne un jeune pilchard de 10 cm de long ou moins, alors qu’aux Etats-Unis il désigne n’importe quel petit poisson du sprat au hareng en passant par le pilchard.

Quand et où ?

La saison de pêche commence au mois d’avril jusqu’en septembre. Mais le top est une période très courte à la fin de l'été où ses qualités organoleptiques sont optimales : sa teneur en graisse notamment assure un moelleux et une finesse remarquable.

En banc par milliers, le jour entre 30 et 55 mètres de fond, la nuit entre 15 et 40 mètres, elle nage entre deux eaux. Grande voyageuse, elle fréquente Les côtes de l’Atlantique nord-est en passant par  l’Ecosse et la Norvège pour redescendre vers l’Espagne, le Portugal sans oublier tout le bassin méditerranéen. Elle est plus dodue au nord et plus fine en méditerranée.

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Fabrication :

Les sardines passent très vite du bateau à l’usine où elles subissent diverses manipulations. Les marques plus récentes comme La Belle Iloise, la Quiberonnaise ou Les Mouettes d’Arvor mettent en avant une qualité particulière de première pêche de saison.

Pour ces boîtes millésimées on sélectionne souvent des poissons pêchés au printemps dont la saveur est réputée. Ces sardines ultra-fraîches, fermes et argentées sont plongées dans un bain de saumure, avant d’être triées une à une, étêtées et vidées à la main. Après avoir été nettoyées et alignées dans des paniers, elles sont mises à sécher quelques heures. Vient ensuite l’étape de la cuisson. Elles sont plongées dans un bain d’huile, puis mises à égoutter toute une nuit. Le lendemain elles sont reprises une par une et, à l’aide d’une paire de ciseaux, on coupe le collet et la queue puis on les dispose tête-bêche dans leurs luxueuses boîtes. Recouvertes d’huile, de tournesol, d’arachide ou d’olive vierge, sertissage, stérilisation, puis stockage pendant quelques mois pour donner encore plus de finesse. Stockées six mois en cave à l'instar des grands crus, ces sardines millésimées se bonifient avec le temps et peuvent être consommées pendant dix ans, en prenant soin de retourner les boîtes tous les six mois ! Ces conserveries artisanales des côtes françaises (Bretagne, Vendée...) vendent des boîtes en séries limitées, portant la mention « Millésimée » en clair. Ces véritables objets de collection s'échangent ou se vendent aux enchères sur internet. La tradition de ce savoureux petit rectangle de métal est née à Nantes en 1820 grâce à Joseph Colin. La sardine serait même le premier poisson à chair grasse,  mis en boîte, avant le maquereau ou le thon.

Conservation :

Ces sardines millésimées se bonifient avec le temps et peuvent être consommées pendant dix ans, en prenant soin de retourner les boîtes tous les six mois !

On conseille de les consommer après six à huit ans de garde, mais quel est le véritable intérêt?

Le goût et la texture principalement, la sardine est confite, gorgée d’huile, l’arrête presque dissoute dans les chairs fondantes et moelleuses à souhait.

Qualité

La qualité d’une conserve de sardines dépend de différents facteurs : l’espèce utilisée, le nombre de sardines dans la boîte, la qualité de l’huile d’olive utilisée et son emballage, boîte de conserve en fer ( test de l’aimant) ou simple métal.

Santé

Les sardines contiennent  des vitamines, protéines, minéraux et calcium dont le corps a besoin en une journée. Cerise sur le gâteau, elles contiennent la plus grande quantité du fameux oméga-3 parmi les poissons « gras », tandis que les huiles d’olives sont des huiles polyinsaturées donc chargées en « bon » cholestérol.

La dégustation :

Ma  sélection s’est voulue éclectique et représentative du marché haut de gamme de la conserve de sardines. Millésimées, affinées, de pêche française.

sardines millésimées,voyage à travers les sens



Trois critères sont retenus :

Le goût de la sardine

La cuisson

Le goût de l’huile

 

Une petite recette toute simple :  

Accompagnées de quelques pommes de terre à l’eau, d’un filet d’huile d’olive et de quelques rouelles d’oignons ou simplement sur du pain grillé de seigle réalisé par le chef et beurre salé

 

 

Les sardines en robe de Chambre de Sonia Ezgulian

- 2 boites de sardines millésimées

- 8 tranches fines de jambon de

- 8 belles feuilles de roquette

- 1 cuillère à soupe de purée de piment

- 1 cuillère à soupe de pignons de pin

1- Etalez les tranches de jambon de Vendée sur le plan de travail, tartinez-les légèrement de purée de piment, déposez une feuille de roquette sur chaque tranche, parsemez de pignons de pin et terminez avec une sardine égouttée.

2 Roulez chaque tranche de jambon de Vendée pour envelopper les sardines.

3 Fixez les rouleaux avec un cure dent.

 

Rendez-vous le jeudi 22 Novembre pour un Atelier  Sensoriel-

« Sardines millésimées et Sauvignon »-

Voyage à travers les sens- 0477.740.784

04/10/2012

La Buvette- Ma quantine préférée

La cuisine est un acte d'amour. Marc Veyrat

La Buvette - Chez Nicolas Scheidt Chaussée d'Alsemberg, 108 - 1060 Bruxelles - Tel : 02/534 13 03

Ouvert du mardi soir au vendredi soir de 20h à 22h et le vendredi midi de 12h à 14h.

Cela se passe de commentaires.

C'est juste beau et bon! 

Le menu du midi est à 20€

 

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10/09/2012

La véritable histoire de la pomme de terre frite

Qui détient la paternité de la pomme de terre frite ? Nous ne le saurons probablement jamais. Il est difficile d'imaginer qu'une seule personne à un moment précis de l'histoire ait eu l'idée de plonger des pommes de terre dans une bassine de graisse bouillante. Ce que nous pouvons retrouver, par contre, ce sont les circonstances dans lesquelles la frite a vu le jour. Mais commençons par retrouver les premiers textes où apparaissent les fameuses pommes de terre frites et observons leur évolution au cours du 19e siècle.


Dans un rapport d’autopsie, apparaissent les premières pommes frites !


Le premier témoignage de pommes de terre frites Nous sommes à la fin de l'année 1760, au monastère de Perrecy, en Bourgogne, plongés dans une sombre histoire de tentative d'assassinat. L'abbé des Brosses, en plein conflit d'intérêt avec le frère Hillarion, est accusé d'avoir tenté d'empoisonner ce dernier, crime pour lequel il écopera des galères à perpétuité.
Retraçons brièvement les faits : Le 23 décembre, Hillarion fait la lecture au réfectoire, raison pour laquelle son repas l'attend au bord de la cheminée, dans la cuisine. Une fois sa lecture terminée, il se rend dans la cuisine où il aperçoit l'abbé des Brosses s'enfuir précipitamment, ce qui éveille ses soupçons. Sans attendre, il procède à l'examen des plats dans lesquels il découvre une poudre blanche. Il la fait manger à un chien qui meurt deux jours plus tard. En conséquence, il met les portions et le chien sous clé avant de porter plainte. Le 31 décembre, deux chirurgiens procèdent à un examen des pièces à conviction dont voici un extrait :
Après avoir fait lever les scellés en présence de tous les susnommés, nous avons trouvé, dans la cassette,une écuelle, dans laquelle il y avoit de la soupe, & deux plats d'étain, dans l'un desquels étoient des haricots fricassés, dans l'autre quelques pommes de terre frites.
Ainsi, en 1760 le terme « pomme de terre frite » semble suffisamment courant pour figurer dans un rapport de médecin sans nécessiter de précisions particulières. Le texte est d'ailleurs si peu précis qu'on ne peut deviner, à sa simple lecture, le mode de cuisson des pommes de terre. Elles sont frites, certes, mais frites comment ? Au beurre, probablement !
Ce qu'on désigne par « pomme de terre frite » au 18e siècle, est différent de ce que nous connaissons aujourd'hui. Rappelons-nous de la définition donnée dans notre premier article. La frite est plongée dans un bain d'huile bouillante et a la forme de bâtonnets. Ce n'est pas le cas de la frite du 18e siècle qui est rissolée et coupée en tranches. Les premières recettes de pommes de terre frites nous le confirment.

La recette de Madame Mérigot


En 1794, dans l'enthousiasme révolutionnaire, Madame Mérigot publie un livre de recettes entièrement dédié à la pomme de terre. Voici la recette « en friture », considérée comme la première recette de pomme de terre frite conservée par écrit :
Faites une pâte avec de la farine de Pommes de terre, deux oeufs délayés avec de l'eau, mettez une cuillerée d'huile, une cuillerée d'eau-de-vie, sel & poivre ; battez-bien votre pâte pour qu'il n'y ait pas de grumeaux ; pelez-les Pommes de terre crues & coupez-les par tranches, trempez-les dans cette pâte et faites les frire de belle couleur.
Ici, la pomme de terre est cuite en beignet, tradition qui restera vivace tout au long du 19e siècle. Deux ans plus tard, il est encore question de pommes de terre frites chez les pauvres en Allemagne dans les Essais politiques, économiques et philosophiques du célèbre physicien Comte de Rumford, chargé de l'administration des établissements publics destinés à améliorer la situation des pauvres en Bavière. Dans la traduction française de 1799, la pomme de terre est coupée en tranches, frite dans du beurre ou du saindoux et assaisonnée de sel et de poivre. Encore une fois, cette recette destinée aux pauvres n'utilise que parcimonieusement de la graisse.
Au 19e, la pomme frite prend ses lettres de noblesse
La pomme de terre frite entre dans la littérature gastronomique destinée aux classes privilégiées.
Chez Viard, auteur du Cuisinier impérial :
Vous ôterez la pelure des pommes de terre crues ; vous les tournez d'égale grosseur ; coupez-les en tranches rondes de la largeur d'un petit écu, épais d'une ligne et demie ; vous mettrez un bon morceau de beurre dans une casserole ; posez-la sur un feu ardent ; ajoutez-y les pommes de terre ; sautez-les toujours jusqu'à ce qu'elles soient blondes ; alors vous les égoutterez dans une passoire ; vous les saupoudrez de sel fin, et vous les arrangez sur le plat sans autre assaisonnement.
En fait, on la connaît déjà sous son nom de « pomme de terre frite » qui acquiert ses lettres de noblesse.
Nous en voulons pour preuve cet article consacrant le beefsteak frites, publié en 1807 dans le Journal des gourmands et des belles, dirigé par le célèbre gastronome Grimod de la Reynière :livre grimod de la reynière.jpg


Beef, ou Beef-s-teak
Ayez un morceau d'excellent filet de boeuf, ôtez-en toutes les peaux et presque toute la graisse, coupez-le par rouelles de l'épaisseur de quatre ou cinq lignes ; applatissez légèrement chacun de ces morceaux, et parez-les afin qu'ils soient à peu près ronds et de la forme d'un écu de six livres ; faites ensuite fondre un peu de beurre, mettez-y un peu de sel et de gros poivre, trempez vos beef dedans, et arrangez-les sur un plat ; au moment de servir faites-les griller sur un feu un peu vif, en ayant soin de ne pas trop les laisser cuire ; pendant ce tems mettez dans un plat un morceau de beurre proportionné à la quantité de beef-s-teak que vous aurez préparé ; assaisonnez de sel, poivre, un peu de persil et un jus de citron ; dressez votre beef'-s-teak dessus en y ajoutant quelques pommes de terre frites dans du beurre bien frais, ou des cornichons, si vous l'aimez mieux. On sert aussi le beef'-s-teak au beurre d'anchois.


A la moitié du 19e : Apparition de La frite en bâtonnets


Au milieu du siècle, on remarque un changement important au niveau de la forme. En 1859, nous tombons sur des « pommes de terre frites taillées en petits bâtons » pour accompagner un beefsteak. En 1861, notre Cauderlier national donne la recette complète avec des bâtons ou des rondelles de pommes de terre :
Pommes de terre frites à la graisse:
Coupez les pommes de terre en tranches ou en bâtons, que vous mettez sur un linge pour les sécher. Ayez de la friture chaude (...), dans laquelle vous laissez tomber les pommes de terre que vous remuez de temps à autre, jusqu'à ce qu'elles aient une belle couleur et soient croquantes. On ne peut en mettre beaucoup à la fois et il faut les remuer à grand feu.
Il faudra tout de même un certain temps avant que le bâton ne s'impose définitivement. L'immense cuisinier Jules Gouffé, qui en est à 1 kg de graisse dans sa poêle, conserve l'unique découpe en rondelles. Émile Dumont, quant à lui, prépare des pailles de pommes de terre et les très tendance pommes de terre soufflées qui introduisent la double cuisson dans l'art de la pomme de terre frite :
Prenez des pommes de terre, pelez-les, lavez-les, essuyez-les, coupez-les en tranches rondes de l'épaisseur de moitié d'un doigt à peu près. Mettez la friture sur le vif, et aussitôt fondue, mettez-y vos pommes de terre ; aussitôt que la peau rissolée commencera à se former, retirez-les de la friture et mettez-les dans une autre friture très-chaude. Aussitôt la peau boursouflera. Otez de la friture, égouttez bien, saupoudrez de sel fin et servez immédiatement ; car elles retombent promptement.
Dans la cuisine moderne illustrée (1885), les pommes de terre frites Pont-Neuf s'ajoutent aux rondelles, aux pailles et aux soufflées.


En ce temps –là, La frite en Belgique…

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En Belgique, la frite fait son petit bonhomme de chemin. En 1896, dans le carnet d'une ménagère wallonne, on voit bien que les deux découpes de pommes de terre, en rondelles et en bâtonnets, sont pratiquées. On remarque également un soin particulier à la préparation de la friture. Ici, on mélange ½ kg de graisse de boeuf avec ¼ kg de graisse de mouton et ¼ kg de saindoux.
Le traité d'économie domestique et d'hygiène, du début du 20e siècle, est passé dans les mains de générations de jeunes filles belges. Il recommande également les deux formes de coupe de pomme
de terre frite ainsi que la technique de la pomme de terre soufflée. Mieux encore, il livre un procédé que nous n'avions pas encore trouvé dans d'autres livres de cuisine


Invention belge de la double cuisson ?

Deuxième procédé. - Jeter les pommes de terre dans la friture bouillante, les retirer quand elles sont à moitié cuites et les laisser refroidir. - Remettre la friture au feu et lorsqu'elle est en ébullition, y jeter les pommes de terre. - Par ce procédé les pommes de terre se gonflent et sont très délicates. - On reconnaît qu'elles sont frites à point, lorsqu'en les remuant, on les sent croustillantes.
Voici la double cuisson appliquée au bâtonnet de pomme de terre frite, tel qu'on la connaît aujourd'hui !
La frite, double cuisson de la pomme de terre, est-elle belge ou non ? Le premier texte trouvé est effectivement belge. Néanmoins, la prudence oblige à ne pas faire trop vite de conclusions sur base d'un seul texte. De plus, la double cuisson se pratique allègrement à Paris pour préparer les pommes de terre soufflées. Le mystère reste donc épais autour de cette merveilleuse invention qu'est la double cuisson de la pomme de terre frite.
Le livre de Louisa Mathieu est-il le premier à faire passer les bâtonnets de pommes de terre à la double cuisson ?

Et l'origine de la pomme de terre frite, dans tout cela ?

Improbable naissance de la pomme de terre frite issue du mariage entre la pomme de terre, légume populaire par excellence, et la cuisson dans un bain de graisse, réservée à la haute société.
Où ce mariage a-t-il bien pu se réaliser ? Dans une cuisine cossue disposant d'une belle bassine à friture ? Impossible, la pomme de terre n'y avait pas sa place ! Chez le pauvre bougre, mangeur de patates? Impossible également. Il ne disposait pas de matière grasse en suffisance !
La réponse n'est-elle pas à chercher dans les rues de Paris, où, au 18e siècle, les marchands ambulants trimballent leur bassine de friture remplie d'une graisse douteuse dans laquelle ils plongent des viandes et des légumes enduits de pâte à beignet ? Ou se trouve-t-elle dans une rôtisserie disposant d'un matériel plus important ? L'hypothèse est séduisante. La pomme de terre frite, nous le savons, s'est répandue grâce au commerce. N'y serait-elle pas née ? Ne serait-elle pas là, un produit purement commercial ? L'inventeur de la pomme de terre frite restera probablement, toujours anonyme, par contre, nous pouvons deviner son métier : un marchand. Nous pouvons également deviner son origine :


Parisienne !


Tiré de « La véritable histoire de la pomme de terre frite » - Pierre Leclercq - Culture, le magazine culturel de l'Université de Liège©


04/09/2012

Concepteur de roses- Un merveilleux métier

Ce soir, je rêve, comme à chaque anniversaire, je rêve du « cadeau » que l’on pourrait m’offrir… Diamonds ? voyages ?le baiser de Klimt ? une photo de Cartier-Bressson ? NON ! cette année, je rêve de romantisme, de panache, d’un geste improbable et tendre : une rose à mon nom ( je promets, Le fiancé qui me l’offre,  serra aimé, éternellement…)

Meilland est une société 100% familiale et premier rosiériste français qui perpétue depuis près de deux siècles une tradition de créativité et de qualité. Chaque année, son équipe de recherche effectue, selon un programme précis, des croisements entre plusieurs milliers de pieds-mères, représentant plus de 100.000 fleurs fécondées manuellement entre avril et juillet !

Les graines issues de ces croisements donneront lieu à des semis, qu'une sélection des plus rigoureuse durant 4 à 10 ans ramène à une dizaine de variétés commercialisées chaque année (entre les rosiers de jardin et les rosiers destinés à la production de fleurs fraîches).

Variétés protégées

On copie les roses comme on copie un sac de grande marque au même endroit du globe. Ces rosiers  font l'objet d'une protection par brevets, certificats d'obtention végétale et  certificat communautaire qui accorde à l'obtenteur une durée de protection de 25 ans.

 

Une production mondiale

La production Meilland Richardier s'effectue sur 350 hectares de pépinières dans le Rhône, l'Isère et le Gard, et plus de 600 hectares dans le reste du monde. Soit 12 millions de rosiers par an, dont 80% destinés à l'export dans plus de 90 pays...rosier-madame-meilland-peace-1.jpg

Ma préférée : La rose « Madame Antoine Meilland »

 hybride de thé connu dans les pays anglophones sous le nom de « Peace »et dans les pays germanophones sous le nom de « Gloria Dei », c’est un des plus célèbres rosiers cultivés. Il fut dédié par son créateur, Francis Meilland, à sa mère.

 Dans la fin des années 30, quand il pressent l'invasion imminente de la France par l'armée allemande, il envoie des boutures de diverses variétés de rosiers à des amis en Italie, en Turquie, en Allemagne et à son partenaire aux États-Unis, de façon à préserver la nouvelle variété.

En  1945, il écrit à Alan Brooke, le principal auteur de la stratégie qui permit de gagner la Seconde Guerre mondiale. Pour le remercier du rôle clé qu'il joua dans la libération de la France, il lui demanda si , il accepterait de donner son propre nom à sa rose. Brooke déclina l'offre, argumentant que, certes, très honoré de la proposition, son nom serait sans doute rapidement oublié et mais que « Peace » serait un nom bien plus symbolique et durable.