09/09/2009

Le thon, faut pas, c'est pas bon!

La principauté de Monaco a proposé à l'ONU d'inscrire le Thon rouge sur la liste des espèces les plus menacées dans le monde, ce qui signifierait l'interdiction totale de sa commercialisation, a-t-on appris mardi auprès de l'ONU.

 

tetes-de-thon-rouge

 

La Commission européenne a décidé de soutenir une interdiction mondiale provisoire du commerce du thon rouge, ce qui de facto suspendrait la pêche de ce poisson très apprécié des Japonais, mais dont les réserves fondent, a indiqué mardi à l'AFP une source proche du dossier.

Un accord en ce sens a été trouvé entre les services de l'Environnement de la Commission, qui défendaient une telle démarche au nom de la protection de la biodiversité, et ceux de la pêche, qui doivent tenir compte de l'impact économique pour la profession en Europe, selon cette source.

La position de Bruxelles devrait être officiellement annoncée mercredi ou jeudi. Elle reprend à son compte une requête que font les ONG comme le Fonds mondial pour la nature (WWF) et Greenpeace depuis des années.

Concrètement, l'exécutif européen soutient une proposition de Monaco visant à inscrire le thon rouge, pêché surtout en Méditerranée, sur l'Annexe I de la Convention de l'ONU sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction.

Cette annexe prévoit une interdiction de commercialisation et donc, de facto, empêcherait la pêche. "L'idée n'est pas d'interdire définitivement la pêche, mais de la suspendre pendant deux ans par exemple pour permettre à l'espèce de se reconstituer", a souligné la source.

Selon elle, "des compensations seraient versées dans l'intervalle aux pêcheurs".

Toutefois, il ne s'agit à ce stade que de la première étape d'un long processus.

Cette recommandation devra obtenir le soutien d'une majorité de gouvernements européens pour devenir la position de toute l'UE en mars 2010 lors de l'Assemblée générale au Qatar des 175 Etats membres de la CITES. La décision finale leur reviendra.

L'issue des discussions en Europe est incertaine. La France, l'un des principaux pays de pêche concerné, a dit en juillet par la voix de son président Nicolas Sarkozy vouloir soutenir "l'interdiction du commerce" de thon rouge à la CITES.

Selon une source diplomatique, Paris milite concrètement pour une inscription à l'Annexe II de la CITES, beaucoup moins restrictive, mais dans le même temps est favorable à ce que l'Europe envisage un moratoire sur la pêche pendant deux ans.

La position française est jugée cruciale dans les négociations européennes à venir. Les autres grands pays de pêche au thon dans l'UE sont l'Italie, la Grèce et l'Espagne. L'Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont annoncé qu'ils soutiendraient une interdiction.

En France, la pêche au thon a un poids économique assez marginal, avec une trentaine de thoniers en activité en Méditerranée. Mais politiquement la décision serait plus délicate à faire passer.

Un arrêt, même temporaire, du négoce de thon rouge, serait durement ressenti par le Japon, l'un des principaux pays consommateurs de ce poisson utilisé pour les sushis et sashimis. Mais aussi par les Etats-Unis, qui en sont friands.

Les opposants à ce moratoire "mettent clairement des intérêts commerciaux de court terme au-dessus de la survie de l'espèce", avertit Greenpeace dans un communiqué qui salue la décision de la Commission.

Le WWF s'est aussi réjoui de la position de Bruxelles, dans un communiqué. Il a appelé les pays de l'UE à l'appuyer "dans l'espoir qu'après des décennies de surexploitation, assortie de prises illégales, une pêche bien gérée pourra reprendre en Méditerranée dans les années à venir".

Le thon rouge, dit "de l'Atlantique", se rencontre dans toute la zone de l'Atlantique nord et ses mers adjacentes, notamment en Méditerranée, depuis l'Equateur jusqu'au nord de la Norvège, du Golfe du Mexique jusqu'à la mer Noire.

© 2009 AFP

11:32 Publié dans Bien-être raisonné | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.