01/04/2012

Gourmandises et sensualité : Paris- Degas, Helmut Newton et Yannick Aléno, ode au plaisir

 

Ode au plaisir ! Une idée de W.E pour pâques : Courir à Paris, par ce temps de printemps et surtout ne pas manquer deux expositions incontournables, Degas et Newton. Et puis, après s’être nourri l’esprit, partir en ripailles et découvrir la cantine de Yannick Aleno.

Juste encore si vous prenez le train, emmener le dernier livre de Gerard Oberlé- Emilie, une aventure épistolaire ou le précédent sorti en poche, Itinéraires spiritueux, que du délice!

Paris, Degas; Hemut Newton, Yannick Aleno; Terroir parisien

Degas et le nu 

 qui se tiendra du 13 mars au 1er juillet 2012 au musée d’Orsay. ce musée poursuit sa mission de faire mieux connaître les grands maîtres de la deuxième moitié du XIXe siècle. Cette exposition explore l'évolution de Degas dans la pratique du nu, de l'approche académique et historique de ses débuts à l'inscription du corps dans la modernité au cours de sa longue carrière. Je ne peux pas m’empêcher de vous faire dé couvrir un texte qui décrira avec gourmandise et sensualité les nus de Degas :

Il faut se précipiter à cette expo Degas. Les pastels des dernières salles sont stupéfiants.oui, ces corps de femmes en train de se frictionner, éponger une cuisse colossale, assainir une fente, brutalité et luisance des parcelles de chair molles ou musculeuses.. tordu sur de vagues fonds orientaux ou d’improbables clartés marines d’étang ,macédoines de couleurs aux touches flottantes de tentures .., ,corps lourds de bêtes occupées, et aspirées par leur travail de friction.. sans qu’on devine grand-chose du visage, la préoccupation du corps à se sécher, se cajoler, s’entretenir, se découvrir, se caresser, s’étriller, se rudoyer fesses, seins, dessous de bras, et puis des bruns ou du rouge brique qui surgit d’on ne sait trop où.., , Degas nous entraine dans l’acharnement vorace et voyeuriste et rumination. A sonder une femme dans des fonctions obscures, dans une ’autocélébration bien quotidienne Paris, Degas; Hemut Newton, Yannick Aleno; Terroir parisien

Femmes opulentes sombres : fierté d’être, là, imposantes, lourdes, occupées, engluées dans leurs solitude de ce cagibi avec tub, et vague lumière papillotante. Exprimer ce qui n’est pas social, le caché merveilleux. cette manière de se pétrir, de haleter, de nager dans une intimité, de se chercher dans les fentes et les recoins et les plis… de se harasser - célébrer en se frottant les bras, les hanches, le coude, les mamelles. Se réveiller à sa chair ;le geste machinal secret et le corps qui vibre s’ébroue de partout, se picote, avec un battement des flancs mis en évidence, ou une onctuosité d’une épaule par quelques filaments blanchâtres … quel œil fouilleur, quel acharné ce Degas.

Il veut arracher quelque chose à la chair un linge douteux eau trouble, …quel crayonnage délirant.. curieuses lourdes femmes en fesses en râble, toutes en flancs, saisies emprisonnées, exaltées dans un crayonnage hardi, tenace, comme le Flaubert qui voulait entrer dans la matière.., avec parfois des contorsions, d’extase ou un affairement banal d’un corps qui se récure dans ses plis, ses courbes, sa motte, sa lourdeur dans une sorte de procréation après le bain et l’eau.

ces femmes penchées, tordues, affairées, accroupies, en déséquilibre, dévorées par un voyeur, ne se doutent pas qu’un mauve écrasé, que des virgules de jaune poudreux , des coulures du vert, un bleu intense détaché ,des vagabondages de vert se hérissent sur un torse dans l’extravagant fouillage et fouille du corps dans la chambrette ou le cagibi .., toute une goinfrerie du regard et de la main Degas.., barbouillage des tétons, chevelures de pénitente dans des tons brique, des crinières algueuses.. sur un ventre, hachures régulières et chercheuses de pénétration… ou des taches terreuses aux pâleurs morbides de chair promise à la corruption.. Quelque chose qui dérange cette cérémonie secrète de l’essuyage

et pourtant si magnifiquement banale…

c’est une servante, sous les toits…ce n’est ni Nana de zola ni Madame Bovary… mais la servante Félicité encore jeune... ,tout cela dans des perspectives écrasées, un voyeurisme hallucinatoire, ,dans des surplombs qui exaltent le raccourci avec une telle puissance qu’on aspire les odeurs du corps..

Degas frotte lui-même une femme qui se frotte Il lui frotte ce corps avec écrasements de pastels, le cingle et le zèbre avec des traits nerveux qui lui accrochent le creux du bras, le coude, l’arrondi de la cuisse. Une volonté d’agripper ce corps- statue, muet, lent, offert, aveugle, luisant, puissant dans son hébétude animale…( Magnifique texte de Paul Edel- Le Monde)

Musée d’Orsay- niveau 0, grand espace d’exposition, du 13 mars au 1er juillet 2012, 1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris Informations et standard : www.musee-orsay.fr, ou 01 40 49 48 14, tous les jours, sauf le lundi, de 9h30 à 18h, le jeudi jusqu’à 21h45. 12 et 9,50€

Helmut Newton- Le pape du porno chic- au Grand Palais

Des apparences trompeuses :  juste un  seul amour…Paris, Degas; Hemut Newton, Yannick Aleno; Terroir parisien

Pendant cinquante-six ans. Celui qui a célébré des milliers de femmes n’en a jamais aimé qu’une. June F. Browne . June deviendra même photographe sous le nom d’Alice Springs ; Tous les jours, où qu’ils soient, ils prendront leur thé en tête à tête tout en reprennant le travail. Il ne la quitte pas, même dans la mort : il la suivait, alors qu’ils sortaient du parking du Château Marmont. Ce sera la dernière fois. Helmut doit prendre possession d’une Cadillac blanche vintage, rêve de jeunesse. June tourne à gauche en direction de la ville, mais pas Newton qui accélère brutalement. Sa voiture s’emballe, percute le mur. Quelques heures plus tard, il meurt au Cedars-Sinai, tout proche. L’autopsie révélera qu’il a fait un malaise cardiaque et que sa jambe droite s’est tétanisée sur l’accélérateur. IC’était le 23 janvier 2004.

Le 24 mars 2012, il sera le héros du Grand Palais, quelques années après que son legs a été refusé par le conservateur du Jeu de paume. Motif : …Trop cochon !

Ses collectionneurs sont aussi nombreux que discrets, sauf le plus ­fameux : Leon Constantiner. Pendant des années, ce Mexicain acquiert les créatures de Newton. On le saura quand il vendra aux enchères sa collection de photos en décembre 2008 chez Christies à New-York. Lui aussi avait rencontré l’amour, et ne voulait pas que ces créatures partagent la chambre nuptiale avec sa jeune épouse, Michaela.  Devant son lit, il avait installé un jeu de seize femmes format XXXL, couchées sur des panneaux coulissants. Il pouvait ainsi, en contempler quatre à la fois, selon ses humeurs…

 

Grand Palais -Galerie sud-est -Avenue Winston Churchill -75008 Paris

Tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 22h - Fermé le 1er mai

Ouverture exceptionnelle de 20h à minuit le samedi 19 mai 2012 dans le cadre de la nuit européenne des musées

 

Yannick Aleno à la Maison de la Mutualité

Le beau et talentueux Yannick Aleno a encore frappé !

Cette fois-ci, il nous revient à la maison de la Mutualité où c’était déroulé Omnivore, il y a un mois. Avec « Terroir Parisien », inspiré par son  très bel ouvrage qu’i l avait écrit en 2010 avec Jean-Claude Ribaut (Editions Laymon), le chef natif de Puteaux dans les Hauts-de-Seine a choisi de cibler sa région d'origine et ses produits.paris,degas; hemut newton,yannick aleno; terroir parisien

Pour le design, la collaboration avec Jean-Michel Wilmotte donne un cadre très épuré, des matières brutes, des couleurs sobres, voûte inversée en bois, tables en zinc et un comptoir de 14 places.

http://www.dailymotion.com/video/xftnl1_yannick-alleno-les-terroirs-parisiens_lifestyle

Entrées 100 % bistrotières -radis-beurre, oeufs en gelée à la froufrou, bouchée de champignons de Paris aux escargots - ; plats de résistance forcément Paname -navarin printanier d'agneau très goûteux de chez Morisseau, éleveur d'Ile-de-France, pièce de boeuf sauce Bercy (bonne mâche), merlan Colbert ad hoc - ; fromages (coulommiers, brie de Meaux) et desserts (poire au miel de Paris, baba crème chantilly) des environs ; et enfin, au comptoir, veau chaud sauce gribiche (tête de veau façon hot dog- 9€), jambon beurre et croque-monsieur. Un tableau noir, d’un côté, la liste des produits, de l’autre celui des acteurs.

Trois options pour croquer le terroir parisien :

 1) un casse-croûte au comptoir (veau chaud, jambon-beurre, croque-monsieur, planches de charcuterie et petits pâtés signés Gilles Verot...) pour moins d'une quinzaine d'euros avec un verre de vin (valable midi et soir) ;

2) un vrai gueuleton bistrotier à la carte pour une addition d'un très bon rapport qualité-prix (35-40 euros) ;

3) le brunch du dimanche sera mis en place dans quelques jours.

 

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Terroir parisien- Maison de la Mutualité, 24 rue Saint-Victor, Paris (Ve). 01-44-31-54-54. Ouvert tous les jours à partir de 12 heures. 

Charcutier Gilles Verot- 7 rue Lecourbe , 75015, Paris, France Téléphone : 147340103 Site web : www.verot-charcuterie.fr

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